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Une journée qui commençait, pourtant, si bien

 

Comme lorsque Chihiro avait disparu la dernière fois, Alize s'ennuie fortement et est un peu en colère envers celui-ci... quoi que, cette énervement se transformera rapidement en inquiétude et cela la mènera à contacter Hotaru, le meilleur ami de son senpai. Une jolie journée commencera alors...

Trois bonnes semaines s’étaient écoulées depuis la dernière visite qu’avait rendu Chihiro à sa petite protégée de première année. Celle-ci ne cessait d’envoyer des messages à son senpai préféré, espérant, chaque minute, une réponse de sa part. Ne s’arrêtant pas de se ressasser le compromis qu’ils avaient passés tous les deux… Après moult réflexions, elle décida d’envoyer « Je te boude » au jeune homme à la chevelure légèrement bouclée. Il avait promis de se taire au sujet de sa cachette si elle acceptait qu’il vienne la voir tous les jours… avait-il oublié cela ? Il était méchant, vraiment méchant. Hmph. De plus… Alize s’ennuyait grandement sans lui… Alors qu’auparavant elle se fichait d’être seule, désormais sa compagnie lui était nécessaire. Tous les jours, elle n’attendait qu’une chose… qu’il toque à la porte de cette satané salle abandonnée, qu’il la complimente gentiment et qu’elle lui réponde… « hentai ». La lycéenne aux cheveux bruns soupira légèrement… Tout à coup, quelque chose lui revint à l’esprit. La dernière fois que Chihiro avait disparu aussi mystérieusement, sans en donner la raison… Il lui était arrivé des choses horribles ! À elle aussi, d’ailleurs… elle a gardé des cicatrices sur tout le corps de cet épisode. Alize se mit à paniquer. Il était sûrement en danger. Il fallait faire quelque chose ! Cependant… ce n’était pas elle qui allait être dans la possibilité de faire quoi que ce soit… elle n’avait pas de force. Elle était inutile. Sans oublier le fait qu’elle ne savait pas se repérer en ville sans le délinquant… Malgré tout, il fallait tout de même qu’elle agisse ! Elle se mit donc à réfléchir de toutes ses forces avant de se… souvenir que le collègue aux cheveux rouges de Chihiro lui avait donné son numéro de téléphone en espérant recevoir un message de sa part… ce qui n’arriva jamais. Hotaru… lui, il était grand et musclé ! Il serait bien plus utile qu’elle… oui, il était sa solution pour sauver Chihiro.

« Allô ?

- Huh… sa… t’es où ? réussit-elle à baragouiner

- Alize ? Je suis surpris de recevoir un appel de ta part ! Au bout d’une semaine ou deux, je m’étais fait à l’idée que tu ne me contacterais sûrement jamais, ahah.

- Désolée… je n’ai jamais pensé à te… euh… à t’envoyer un message.

- Ce n’est pas grave. Je viens d’arriver au lycée, du coup… vu que j’ai cru comprendre que c’est ce que tu voulais… si tu veux me voir, je t’attends au distributeur de boissons.

- Huh, d’accord.

- À tout de suite, Alize !

- Oui. »

Quelle idée de l’avoir appelé ? Ce n’était pas la chose la plus maligne qu’elle avait faite étant donné qu’elle n’était… pas du tout à l’aise au téléphone… Surtout avec le rouquin… il connaissait tout de même son plus grand secret… son plus grand secret. L’adolescente ravala sa salive… il ne fallait pas qu’elle pense à cela ! La journée était faite pour oublier sa vie au domicile familial. Alize quitta donc l’endroit où elle passait la plupart de son temps avant de se diriger vers ce fameux distributeur de boissons. Heureusement qu’elle y avait déjà dégusté un délicieux jus de raisin avec le jeune homme à la chevelure de jais sinon… elle ne se serait jamais souvenue où il se trouvait. Elle était vraiment inutile sans Chihiro….

« Yo !

- Muuh… sursauta-t-elle avant de reconnaître le collègue de son senpai.

- Pourquoi voulais-tu donc me voir, Alize ?

- Chi-chan est en danger ! Il faut le sauver, moi je ne peux pas, toi tu as de la force, moi j’ai rien, donc voilà, il faut que tu le sauves, il est en danger et…

- Ouah… calme-toi… tu es tellement paniquée que j’ai du mal à te suivre. Qu’est-ce qui te fait croire que Chihiro est en danger ?

- Il n’est pas venu me voir depuis trois semaines ! Ce n’est pas nor…

- C’est tout ? demanda-t-il à l’enfant avec un sourire quelque peu amusé, rassuré. Tu n’as pas de quoi t’inquiéter, dans ce cas. Chihiro a toujours été comme ça. Il lui arrive de s’éclipser du jour au lendemain. Même si j’avoue que je m’ennuie de lui lorsqu’il disparait… j’ai fini par m’habituer et ne plus angoisser à ce sujet. Tu sais, parfois, je ne le vois plus pendant des semaines… ou même un mois et demi puis il revient, comme une fleur, sans s’inquiéter de rien.

- Un… un mois et demi ?! Buuh… je ne l’accepte pas, je vais m’ennuyer ! »

Hotaru se mit à sourire à nouveau, plantant son regard d’émeraude dans celui de la jeune fille. Il s’approcha petit à petit d’Alize tandis que celle-ci se mettait à trembler, paniquant intérieurement. Ouh… ouh là… pourquoi il était si proche d’elle, tout à coup ? Qu’est-ce qu’il lui voulait ? Le basketteur posa sa main sur la joue de la petite lycéenne avant de sourire de plus bel.

 

« Reste avec moi pendant une journée, alors, déclara-t-il finalement.

- Huh… quoi ?

- Passons la journée ensemble ! Nous nous ennuyons tous le deux alors… rentabilisons la chose.

- D’accord… a-t-elle répondu après de longues secondes de silence. »

Sans un mot, offrant juste un sourire radieux à la dénommé Alize, le lycéen en deuxième année l’emporta avec lui. C’est alors que commença une journée… remplie de diverses activités. Ils s’étaient rendus à la patinoire, dans un neko café… Ils avaient fait un peu de shopping, ils s’étaient amusés à la mer… Ils avaient mangé une pizza… Alize remarqua que le rouquin dépenser vraiment… sans compter. Il lui avait même offert la place de patinoire, la consommation dans le neko café et la pizza alors qu’elle avait l’intention de se le payer par elle-même ! Ce n’est pas comme si elle était issue d’un milieu modeste… Malgré tout, lorsque ce fut le moment de se quitter, chacun partit de son côté l’esprit heureux. Alize sautillait tranquillement, sans faire attention à ce qui l’entourait, se dirigeant vers le lycée pour y passer les dernières heures de la journée. Cependant… soudainement, elle sentit une étreinte sur son bras et elle fut tiré par quelqu’un… un homme aux cheveux plus foncés qu’elle et aux yeux bleus perçants… Tatsuya Kimura, son père. Elle perdit en instant son sourire et un air effrayé envahi son visage enfantin.

 

« Je me baladais tranquillement en ville en ce bel après-midi quand mon regard a croisé une silhouette qui m’est assez connue… et je me suis alors demandé… si ma fille n’était, par hasard, en train de faire l’école buissonnière, expliqua-t-il

- Je… je n’ai pas cours le lundi après-midi… habituellement je reste à la bibliothèque cependant… je me suis dit qu’il serait agréable de me détendre, aujourd’hui…

- Je vois que tu as profité de ton après-midi de détente pour faire quelques achats. Je suis sûre que tu as hâte de me les montrer.

- Bien… bien sûr, répondit-elle docilement en lui tendant les sacs.

- C’est étrange… commença-t-il par dire en regardant leurs contenus. Je croyais pourtant avoir été clair au sujet de ta tenue vestimentaire. Je crois que tu vas devoir te débarrasser  de  ce  que  tu  viens  à  peine  d’acheter…  sans 

compter ce que tu portes en ce moment même. Tu devais pourtant te débarrasser de tout, tu n’es plus une enfant.

- Ou… oui… je ne recommencerai plus.

- En ce qui concerne le garçon avec qui tu traînais… je peux savoir qui il est ?

- Il s’appelle Hotaru Tanaka… il est deuxième année et il est très gen…

- Il suffit. Je connais ce garçon, les professions de ses deux parents l’ont rendu « populaire » malgré lui. Je voulais juste vérifier si tu allais me mentir. Peu importe, saches que je ne veux plus que tu le revoies. Tu as d’autres choses à t’occuper que les garçons ou les copines. Bien que je doive avouer que c’est un très bon choix. Le temps viendra et nous en parle…

- Je me fiche de votre stupide avis ! Je sais très bien que vous réagissez pas trop mal car c’est un « enfant de notre classe sociale »… Je n’en ai marre que vous dirigiez ma vie de cette manière ! Qu’est-ce ça peut vous faire si je traîne avec des « pauvres » comme vous aimez les appeler ?! Sachez que je n’épouserai jamais quelqu’un pour vous faire plai…

- Tais-toi, sale gamine irrespectueuse. Rentrons, finit-il par dire, d’un ton fortement autoritaire. »

Alize se laissa emporter par son père. Elle savait… qu’elle allait passer un très mauvais moment lorsqu’ils seraient de retour à la maison… La lycéenne regrettait déjà d’avoir ouvert sa bouche… Pourquoi avait-elle dit cela ? C’était bien la première fois qu’elle protestait contre son père ! Habituellement, elle faisait tout pour recevoir le moins de punitions possibles… Qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? À peine avaient-ils traverser le seuil de la porte que l’homme abusif avait ordonné à sa fille de s’asseoir sur une chaise sans contester. Pour la réprimander… il avait décidé cette fois de, tout d’abord, lui couper les cheveux au carré… et Dieu sait à quel point Alize tenait à sa chevelure… à quel point elle aimait se faire des coiffures diverses, se les boucler, ses le lisser, se les friser… Ce geste lui brisa donc le cœur… Toutefois, sa souffrance n’était pas terminée… il fallait désormais supporter les coups sans trop rechigner, sinon… elle allait en recevoir encore plus.

kotringo - kanashikute yarikirenai (2010)

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